|
Ville en vert a lancé en 2011 un programme de sensibilisation et de protection du Martinet ramoneur, un oiseau charismatique mais méconnu. Son espèce est en danger, vous pouvez l'aider!
Un oiseau typiquement citadin
La ville de Montréal abrite des créatures fascinantes. Certaines, comme l'Écureuil gris ou le Pigeon biset sont omniprésentes dans la métropole et n'ont certes pas besoin de présentations. D'autres espèces sont plus inusitées et méritent d'être connues. C'est le cas du Martinet ramoneur (Chaetura pelagica), un oiseau migrateur délicat qui ressemble aux hirondelles, mais auxquelles il n'est pas du tout apparenté. Contrairement à la plupart des espèces d'oiseaux de nos régions qui fréquentent les forêts, les champs et les marais, le Martinet ramoneur réside au coeur même des secteurs les plus habités par les humains.On l'aperçoit presque exclusivement en plein vol, très haut au-dessus de la ville, bien souvent en petits groupes de deux à quatre individus. Sa présence se signale généralement par son cri caractéristique du haut des airs que l'on décrirait comme un cliquetis ou un crépitement aigu. On distingue le Martinet ramoneur des hirondelles par ses ailes plus longues et plus effilées, par sa queue plus courte et par ses battements d'ailes rapides et superficiels qui donnent à son vol un aspect erratique, mais léger. Il joue un rôle important au sein de l'écosystème urbain en se nourrissant chaque jour de milliers d'insectes volants qu'il capture à tire d'aile. À la fin de l'été, le martinet nous quitte pour entreprendre une longue migration jusqu'à l'Amérique du Sud, où il passera l'hiver dans la portion nord du continent.
Un "coloc" dans la cheminée
Ce qui fait du Martinet ramoneur une créature fascinante est sans doute son comportement de nidification unique: il utilise de vieilles cheminées en brique pour y passer la nuit et y construire son nid. Son nid, en forme de demi-lune, est conçu de brindilles et est fixé à la paroi intérieure de la cheminée grâce à la salive collante de l'oiseau. Autrefois, le Martinet ramoneur nichait dans les grands arbres creux, lesquels se sont raréfiés au cours des derniers siècles avec l'expansion humaine. Les martinets se sont alors penchés vers les structures artificielles qui leur rappelait le plus leurs résidences naturelles.
Le Martinet en danger
De nos jours, les structures naturelles essentielles à sa nidification ayant presque entièrement disparues, le Martinet ramoneur est devenu une espèce dépendante des constructions humaines pour survivre. Cette contrainte l'a menée vers une situation très précaire qui fait aujourd'hui l'objet d'une attention grandissante auprès des scientifiques et des amants de la nature. Les cheminées vieillissantes se font graduellement rénover ou supprimer au détriment du martinet. La rénovation d'une cheminée implique souvent l'installation d'un chemisage en métal destiné à couvrir la paroi intérieure de celle-ci. Il devient alors impossible pour les martinets de s'agripper à la nouvelle surface métallique. Leurs nids ne peuvent donc plus être construits et pire, les martinets entrant dans la cheminée s'y font piéger et ne réussissent plus à grimper jusqu'à l'issue. Les chapeaux que l'on pose au-dessus de l'ouverture des cheminées en guise de protection contre les éléments, nuisent également aux martinets puisqu'ils empêchent l'accès libre à l'entrée de leur nichoir.
Bien qu'ils demeurent bien visibles à Montréal, la population canadienne du Martinet ramoneur a chuté sévèrement de 95% depuis la fin des années 1960. L'oiseau détient d'ailleurs le statut d'espèce menacée au niveau fédéral. Au Québec, on estime le nombre actuel de martinets à quelques 2 500 individus. De plus, seules 450 cheminées occupées par l'oiseau ont été répertoriées dans la province.
Passez à l'action!
Vous souhaitez donner un coup de pouce aux martinets de votre quartier? Voici quelques gestes et actions qui vous permettront de contribuer à la sauvegarde de cette espèce menacée et d'aider à préserver la biodiversité urbaine de Montréal :
Vous êtes propriétaire d'un bâtiment muni d'une cheminée en brique:
- Si vous envisagez l'installation d'un chemisage à l'intérieur de la cheminée, optez pour un revêtement non-métallique (en argile);
- Maintenez libre l'accès à l'ouverture de la cheminée et évitez d'y apposer un chapeau protecteur;
- Faites ramoner votre cheminée entre le 1er septembre et le 1er mai, soit en dehors de la saison de nidification des martinets;
- Évitez de faire du feu durant la période de nidification, soit du 1er mai au 1er septembre, à moins d'être certain que la cheminée ne soit pas occupée.
Vous n'êtes pas propriétaire d'un bâtiment muni d'une cheminée en brique:
- Si vous travaillez dans un édifice muni d'une cheminée en brique ou si vous louez un logement dans un immeuble qui en possède une, discutez avec le propriétaire de la possibilité de la rendre plus accueillante pour les martinets;
- Si vous observez des martinets dans votre quartier, inscrivez régulièrement vos observations dans un journal ou rapportez-les à un organisme de protection de l'environnement impliqué dans la conservation de cette espèce (voir les liens ci-dessous), surtout si vous êtes témoins de comportement de reproduction (parade nuptiale, transport de brindilles), ou si vous localisez une cheminée dans laquelle vous avez observé un martinet y pénétrer;
- Parlez à vos voisins du Martinet ramoneur et des gestes à poser pour contribuer à sa protection.
Ville en vert s'implique: le Comité SOS Martinets
Depuis le printemps 2011, Viille en vert s'acharne pour faire connaitre le Martinet ramoneur aux citoyens de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville à travers le projet SOS Martinets. Une conférence a été produite, deux articles ont étés publiés et un kiosque d'information a été animé afin de créer l'engouement nécessaire pour obtenir le soutien des citoyens. Un comité de surveillance et de protection de l'espèce a ainsi été mis sur pied, le Comité SOS Martinets. La fonction principale de ce comité sera de répertorier les cheminées utilisées et potentiellement utilisées par les oiseaux et d'assurer un suivi sur l'occupation de celles-ci. Les membres du comité participeront également au dénombrement des martinets durant leur période de reproduction. Le comité est actuellement en phase d'exploration en ce qui concerne les actions de protection de l'espèce qui pourront être entreprises au courant de l'année 2012.
Pour plus d'informations au sujet des initiatives de protection du Martinet ramoneur mises en place en Amérique du Nord, vous pouvez consulter les sites suivants:
North Ameriican Chimney Nest Site Research Project (Chaetura Newsletter)
Manitoba Chimney Swift Initiative
Ontario Swiftwatch
Église verte
Pour rapporter des informations concernant la nidification des Martinets ramoneurs, vous pouvez remplir le formulaire SOS-POP sur le site du Regroupement Québec Oiseaux ou en vous inscrivant sur le site de l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec.
Si vous désirez joindre vos efforts aux nôtres dans la protection du Martinet ramoneur, contactez-nous!
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Nos partenaires dans ce projet :

|